En 2008, le succès des réseaux sociaux attire nombre de pirates et opportunistes. Leur objectif essentiel est de porter atteinte à la vie privée et professionnelle de chaque personne. Les entreprises quant à elles voient s'accroitre les risques d'être victimes de vols d'informations et de campagnes de déstabilisation.
En 2009, les pirates sont de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux. Exemple d'attaques: pourriels sur Twitter en février 2009, campagne d'hameçonnage sur Facebook en mai 2009.
Les réseaux sociaux contre la vie privée
En mai 2009, des informations personnelles sur le futur chef des services secrets anglais, le MI6, sont diffusées sur Facebook.
En août 2009: 45% des recruteurs reconnaissent consulter les réseaux sociaux. 35% d'entre eux ont renoncé à recruter après une visite du profil numérique des candidats potentiels. Parmi eux, 29% consultent Facebook, 26% Linkedln, 21% Myspace, 7% Twitter.
Mais 2009 est aussi l'année de prise de conscience des internautes, et de leur arrivée à maturité.
En janvier 2010, Facebook et Twitter bloquent le logiciel "Suicide Machine", qui permettait de supprimer profils et données personnelles. Pour le fondateur de Facebook, Mark Zuckenberg, "la protection de la vie privée est un concept périmé".
Les réseaux sociaux: nouveaux supports de l'activisme
En janvier 2009: 150 jeunes pénètrent dans un monoprix de Rodez et le saccagent. Ce rendez-vous avait été préparé sur Facebook.
En mai 2009: une vidéo circule sur Dailymotion, montrant deux personnels de Domino Pizza fabricant un sandwich répugnant. Cette vidéo compromet tous les restos de la chaîne.
En décembre 2009 : appel à un rassemblement en Italie contre Berlusconi, 400 000 personnes sont présentes.
Le web 2.0 devient un outil de révolte pour la jeunesse : Grèce, Iran, Italie,…Les sites deviennent des instruments de contournement de la censure, et de dénonciation de la répression.
Ils favorisent la création de communautés de résistance démocratique, et octroient à leurs utilisateurs une réelle force politique.
Néanmoins, ils ont leurs limites : les informations sont parfois parcellaires, et se développent de façon désordonnées. Elles peuvent parfois être non vérifiées, subjectives, émotives, éventuellement fausses.
Médias participatifs et réseaux sociaux en particulier, un 5ème pouvoir.
Les médias participatifs permettent la diffusion d'informations en temps réel, par de simples citoyens, leur utilisation étant facile et offrant une bonne visibilité. Le résultat en est que les institutions sont dépossédées de leur autorité naguère exclusive.
Les outils du Web 2.0 permettent l’envoi d’informations en temps réel. Les communications sont instantanées: Facebook, Twitter, Youtube, Flicker. Elles permettent aux personnes ordinaires de rapporter aussitôt des informations concernant des évènements parfois extraordinaires.
En janvier 2009, quelques minutes après l’amerrissage d’un avion d’US Airways sur l’Hudson River à New-York, Janis Krum poste sur Twitter « There is a plane on the Hudson. I am on the ferry to pick up the people. Crazy.”
En novembre 2008, les attentats de Bombay sont suivis en direct sur Twitter, ainsi que l’élection de Barak Obama. En juin 2009, c’est au tour de la crise iranienne.
L'effet de buzz qui s'ensuit en fait des sources d'informations pour les médias traditionnels: dès qu'une alerte s’active sur Twitter, le journaliste lit, vérifie, synthétise puis publie l'information.
Les réseaux sociaux, concurrents des forces policières
Internet peut aussi concurrencer la police. Il sert à retrouver un cambrioleur (Facebook), un client parti sans payer (Facebook), l’auteur de sévices sur un animal,…
Internet est aussi utilisé à des fins d’activités anti-pédophiles : wikisposure, perverted Justice.
En décembre 2009, une chasse à l’homme a lieu en direct sur Google Wave ; en Chine, des justiciers chinois de l’Internet prônent le lynchage virtuel.
Le Web 2.0, nouveau concurrent des médias traditionnels
Fin 2009, les réseaux sociaux évoluent en médias à part entière. Apparait une coopération avec la télévision. Microsoft propose un accès à Facebook, Twitter et Last FM depuis la XBOX 360.
De nouvelles télévisions incluent, via leur menu, un accès direct à Facebook, Youtube et MySpace sans besoin d'un PC.
Les modes conventionnels évoluent grâce au Web2.0
Pour un artiste, signer chez une major n’est plus l’unique chemin pour parvenir au succès.
Exemple : les vidéos de Pomplamoose, un duo de jeunes américains, sont vues plusieurs millions de fois, et sont « twittées » par Kylie Minogue et Ashton Kutcher.
En décembre 2009, l’Institut d’Etudes Géologiques des Etats-Unis intègre Twitter dans ses outils de détection de tremblement de terre, reconnaissant qu’un message sur Twitter est diffusé en quelques secondes, alors que les informations leur arrivant par les canaux habituels mettent entre 2 et 20 minutes.
En novembre 2009 : Climategate. Un groupe d’adversaires d’une idée utilisent le web pour promouvoir leur point de vue, et trouver des appuis.
Pour conclure, les outils du web 2.0 offrent aux citoyens un large panel pour la transmission d’informations, l’expression d’opinions, la recherche d’une personne. Ils offrent aussi, et surtout, la capacité d’influencer les médias, les gouvernements et les institutions
vendredi 19 mars 2010
Réseaux sociaux et Web 2.0: dangers et opportunités
Libellés :
activisme numérique,
médias participatifs,
réseaux sociaux,
web 2.0
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